Micron Document




André Chandernagor
──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────
top
André Chandernagor, né le 19 septembre 1921 à Civray dans la Vienne, est un haut fonctionnaire et homme politique français. Ancien député de la Creuse (1958-1981), il a été ministre des Affaires européennes (1981-1983). Il devient ensuite le 31e premier président de la Cour des comptes (1983-1990).

Contents

Notes

──────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────────

Biographie

Origines et formation

André Chandernagor est né dans une famille du Poitou et son patronyme est celui d'un aïeul d'origine indienne, Charles François Chandernagor, dit « Bengale », né entre 1743 et 1748 à La Réunion, décédé en 1821 à Civraycite-ref-1[1]cite-ref-2[2].

Il étudie au lycée Henri-IV et obtient le baccalauréat. Il suit des études de droit, et, titulaire d'une licence de droit, passe le concours de l'École nationale de la France d'Outre-mer, après un séjour en Indochine, où il est admis. Il en sort administrateur adjoint de la France d'Outre-mer en 1945.

Il adhère à la SFIO en 1944 et a une première expérience politique en 1946 comme attaché au cabinet de Marius Moutet, ministre (SFIO) de la France d'outre-mer.

En 1949, il s'inscrit à la classe préparatoire aux concours de la haute fonction publique de l'Institut d'études politiques de Paris, et passe avec succès le concours interne de l'École nationale d'administration (ENA), dont il est majorcite-ref-0-3-0[3]. Il étudie à l'ENA au sein de la promotion Europe, aux côtés de Valéry Giscard d'Estaing et Marceau Long, et est classé dixième à l'issue de sa scolarité, en 1951cite-ref-0-3-1[3].

Parcours dans la haute fonction publique

André Chandernagor sort dans la botte de sa promotion à l'ENA, et rejoint le Conseil d'État en décembre 1951. Il est fait maître des requêtes au Conseil d'État en 1957 et devient un spécialiste du droit public.

André Chandernagor est nommé premier président de la Cour des comptes en décembre 1983. Premier président honoraire depuis septembre 1990, il devient membre, le 24 mai 2005, du Comité d'honneur du bicentenaire de la Cour des comptes, présidé par le premier président d'alors, Philippe Séguin. Enfin, André Chandernagor est le père de l'écrivain Françoise Chandernagor, de Dominique Chandernagor et de Thierry Chandernagor, qui fut président du conseil général de la Creuse, conseiller général de Saint-Sulpice-les-Champs et maire de Mortroux.

Carrière politique

Son entrée en politique active s'effectue en 1953, à l'occasion de son élection en tant que maire de Mortroux (Creuse), commune d'origine de son épouse. Il connaît un échec provisoire à son implantation locale en 1955, lors des élections cantonales. Il est battu par le conseiller général sortant (Radical)cite-ref-4[note 1] dans le canton de Bonnat. Il attend 1961 pour faire son entrée au conseil général de la Creuse, prenant la succession de Gaston Chazette, ancien sénateur, dans le canton de Bourganeuf. Dès lors, son ascension sera continue. Durant ses mandats creusois, André Chandernagor est notamment l'un des défenseurs d'un aménagement de ce qui devient la route Centre-Europe Atlantique, aux côtés du maire de Mâcon Louis Escandecite-ref-5[4]. Au décès de Paul Pauly, en 1973, il est élu président du conseil général de la Creuse.

André Chandernagor deviendra ensuite président du conseil régional du Limousincite-ref-6[note 2] en 1974. Ce cumul de mandats fera de lui l'homme fort du département de la Creuse, du début des années 1970 au milieu des années 1980. Élu de la Creuse à l'Assemblée nationale le 30 novembre 1958, il y siège jusqu'au 23 juillet 1981. En 1967-1968, il est vice-président de l'Assemblée nationale. Il est à ce jour le « recordman » de longévité dans la représentation de la Creuse à l'Assemblée nationale (23 ans). Durant ses mandats successifs, il est un des principaux porte-parole du groupe socialiste. Il intervient au nom du groupe dans les domaines diplomatiques, économiques et financiers. Passionné par la défense des droits du Parlement, il est président du Conseil de l'Union interparlementaire de 1968 à 1973. Il écrit l'ouvrage : Un Parlement pour quoi faire ?.

Proche de Guy Mollet (il fut membre de son cabinetcite-ref-7[note 3] en 1956-1957), fermement anti-communiste, il a longtemps été hostile à l'Union de la gauche, lui préférant une alliance avec le centre.

André Chandernagor est membre du comité directeur de la SFIO, puis du PS. Il a été momentanément suspendu du PS en 1970 et on lui prêta longtemps l'intention de créer un nouveau parti social-démocrate dissident. Après le congrès d'Épinay en 1971, il est proche de Pierre Mauroy. Son poids politique et son expérience le conduisent à entrer au gouvernement en 1981 après l'élection de François Mitterrand à la présidence de la République.

En 2017, âgé de 96 ans, il préside le comité de soutien à Jean-Baptiste Moreau, candidat La République en marche aux élections législatives en Creuse.

Depuis le décès d'André Fanton le 19 juin 2025, il est le dernier député de la Ière législature de la 5ème république encore en vie.

Mandats

Synthèse des fonctions et des mandats

Mandats locaux

1953 - 1983 : Maire de Mortroux
1961 - 1983 : Conseiller général du canton de Bourganeuf

Mandats parlementaires

• 1958 - 1962 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
• 1962 - 1967 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
• 1967 - 1968 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
• 1968 - 1973 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
• 1973 - 1978 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
• 1978 - 1981 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)
• 1981 - 1981 : Député de la Creuse (circonscription d'Aubusson)

Fonctions ministérielles

• 21 mai 1981 - 22 juin 1981 : Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes
• 22 juin 1981 - 22 mars 1983 : Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes
• 22 mars 1983 - 7 décembre 1983 : Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures, chargé des Affaires européennes (démission)

Carrière ministérielle

| Période | Portefeuille | Cabinet |
|---|---|---|
| 22 mai au 23 juin 1981 | Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures ( Claude Cheysson ), chargé des Affaires européennes | Gouvernement Pierre Mauroy (1) |
| 23 juin 1981 au 24 mars 1983 | Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures ( Claude Cheysson ), chargé des Affaires européennes | Gouvernement Pierre Mauroy (2) |
| 24 mars au 7 décembre 1983 | Ministre délégué auprès du ministre des Relations extérieures ( Claude Cheysson ), chargé des Affaires européennes | Gouvernement Pierre Mauroy (3) |

Œuvres

Un Parlement, pour quoi faire ?, Gallimard, 1967, collection Idées
Réformer la démocratie, Balland, 1977 avec Alexandre Sanguinetti
Les maires en France, XIXe-XXe siècle. Histoire et sociologie d'une fonction, Fayard, 1993
La Liberté en héritage, Pygmalion, 2004

Décorations

Grand-croix de la Légion d'honneur en 2021cite-ref-jo31122021-9-0[6] (grand officier en 2012cite-ref-10[7]).

Notes et références

Notes

cite-note-4note 1. Élu au conseil général en 1949, Jean Pinton représentera le canton de Bonnat jusqu'en 1979.
cite-note-6note 2. Il s'agissait alors de l'établissement public régional (EPR), « ancêtre » de la région. Cette dernière deviendra une collectivité territoriale à part entière avec les lois sur la décentralisation, au début des années 1980.
cite-note-7note 3. André Chandernagor et Paul Pauly étaient les deux principaux molletistes creusois des années 1950.

Références

cite-note-11. https://gw.geneanet.org/ljurgensen?lang=fr&pz=gauthier+philippe+andre&nz=jurgensen&ocz=0&p=charles+francois&n=chandernagor.
cite-note-22. cosnard2024denis-cosnard2024Denis Cosnard, « Françoise Chandernagor, romancière : « A Sciences Po, on m’appelait la “petite prolétaire” » », sur lemonde.fr, 12 mai 2024 (consulté le 12 mai 2024).
cite-note-0-33. 2016Promotion Europe: janvier 1949-décembre 1951, la Documentation française, coll. « Cahiers pour une histoire de l'ENA », 2016 (ISBN 978-2-11-010233-1)
cite-note-54. La Montagne - André Chandernagor, l'un des pères fondateurs de la RCEA: « les initiatives doivent venir d'en bas», 16 janvier 2011.
cite-note-85. Who's Who in France 1990-1991.
cite-note-jo31122021-96. Décret du 31 décembre 2021 portant élévation dans l'ordre national de la Légion d'honneur.
cite-note-107. « Décret du 13 juillet 2012 portant élévation aux dignités de grand'croix et de grand officier | Legifrance » [archive du 25 juillet 2018], sur www.legifrance.gouv.fr (consulté le 19 septembre 2025)

Voir aussi

Bibliographie

• dumas2022nathalie-dumas2022Nathalie Dumas, André Chandernagor : un bâtisseur provincial, un regard tourné sur le monde, Saint-Macaire, Memoring Editions, 2022, 142 p. (ISBN 979-10-93661-33-9)

Articles connexes
Liens externes

• Ressources relatives à la vie publique : Archives électorales de Sciences Po Sénat Base Sycomore
• Notice dans un dictionnaire ou une encyclopédie généraliste : Munzinger
Notices d'autorité : VIAF ISNI BnF (données) IdRef LCCN GND CiNii Belgique Pays-Bas Israël NUKAT

• Portail de la politique française
• Portail du Limousin
• Portail de la Creuse
• Portail du socialisme